Conseiller d'affaires reconnu - Demandez-nous des références
CAP PME : la gestion au service de la PME Une approche de consultation et de coaching sur mesure coaching et consultation en étude de projet et gestion coaching et consultation en gestion formation en étude de marche, finance et gestion CAP PME : references disponibles sur nos interventions en gestion
 

 
 


Apiculture

Descriptif

Secteur
L’industrie apicole regroupe les établissements dont l'activité principale porte sur l'élevage d'abeilles, la récolte du miel et d'autres travaux reliés à l’apiculture comme la location de ruches. L’industrie regroupe donc la production du miel, mais également les activités liées à sa transformation et à sa commercialisation. De plus, l’apiculture se situe dans la vaste industrie bioalimentaire qui regroupe de nombreux acteurs s’employant à satisfaire la demande alimentaire.

Demande
De 2010 à 2013, la consommation apparente québécoise de miel était relativement stable, représentant plus ou moins 7 K tonnes (6,8 K tonnes en 2013), soit environ 1 kilogramme (kg) de miel par personne par an. Elle a atteint des niveaux plus élevés dans le passé, entre autres, avec une consommation d’environ 8 K tonnes en 2006.

Par contre, le prix de vente a connu des hausses importantes dans les dernières années. Ainsi, le prix moyen est passé de 5,88 $ le kilogramme en 2010 pour atteindre 7,11 $ en 2013, alors qu’il n’était que de 4,84 $ en 2006. Le prix moyen a cependant connu un léger recul en 2014 à 7,03 $ / kg.

Selon Statistique Canada, le miel représentait une dépense moyenne d’environ 9 $ par famille québécoise en 2015 et constituait un marché de près de 31 millions de $ (M$).

Offre
Les apiculteurs québécois produisent à peine 20 % du miel consommé dans la province. La balance provient de différents pays, dont la Nouvelle-Zélande, le Brésil, les États-Unis et l’Australie qui totalisent plus de 60 % de la valeur des importations. Un accroissement de la production pourrait donc chercher à remplacer une partie des importations.

Concernant les apiculteurs, leur nombre a connu un creux en 2003, pour progresser dans la décennie suivante. En fait, à partir de 2012, on en dénombre autant, soit autour de 300. Le nombre de colonies a, quant à lui, subi une baisse du tiers dans la période de 1998 à 2003. La reprise a cependant été beaucoup plus forte : leur nombre était de 47 203 en 2013, comparativement à 29 797 en 1998. Pour ce qui est de la production totale de miel, en dépit de plus grandes fluctuations annuelles, celle-ci a aussi suivi une trajectoire en U, avec une baisse marquée de 1998 à 2003 pour revenir ensuite à la normale au cours de la décennie suivante.

Deux principaux facteurs sont à l’origine de ce retour en force des apiculteurs et de leur production. Dans son enquête de 2015 réalisée auprès des apiculteurs du Québec disposant d’au moins six colonies en production, l’Institut de la statistique du Québec constate une augmentation du nombre d’apiculteurs actifs (+ 7,8 %), des colonies productives (+ 9,4 %), ainsi qu’une diminution du rendement par colonie (- 9,3 %) comparativement à 2014. Cette même année, la production de miel s’est établie à 1 902,9 tonnes (t), soit 190,6 t de plus que la production annuelle moyenne de la période 2010-2014 (1 712,3 t).
 
En 2015, on estime que les 333 apiculteurs du Québec avaient 54 294 colonies productives et que le rendement en miel par colonie était de 39 kg. Entre 2010 et 2014, on dénombrait en moyenne 288 apiculteurs et 42 553 colonies par année et le rendement annuel moyen s’établissait à 42 kg.

Revenus par produits et services
Le revenu total des apiculteurs québécois affiche une croissance annuelle moyenne de 7,6 % de 2010 à 2014.

La principale source de revenus des apiculteurs québécois demeure la vente de miel. Celle-ci représente 68,0 % de leurs revenus totaux (19,7 M$). Les services de pollinisation comptent pour 26 % du total et les autres produits pour 6 %.

La valeur des ventes de miel en 2015 s’est établie à 13,9 M$ comparativement à la valeur moyenne générée entre 2010 et 2014 qui a été de 11,5 M$. Le prix moyen payé au producteur est resté stable en comparaison avec 2014 (de 7,03 $ / kg en 2014 à 7,02 $ / kg en 2015), alors qu’il était en moyenne de 6,55 $ par année au cours de la période 2010-2014. 
Le prix moyen des colonies louées pour la pollinisation s’est apprécié pour une 17e année consécutive et a enregistré un sommet en 2015. S’établissant à 133,02 $ par colonie, il a connu sa plus forte progression en 17 ans (+ 17,47 $ par rapport à 2014). Le nombre de colonies en location (44 981) a connu peu de variation par rapport à 2014 alors que la valeur totale a augmenté de 17,1 % pour atteindre un niveau record de 6,0 M$.

En 2015, la part relative des ventes de miel des apiculteurs québécois par rapport à leurs revenus totaux (21,5 M$) a baissé comparativement à 2014. Elle a décliné de 68,0 % à 64,7 %, tandis que les parts relatives des services de pollinisation et des autres produits se sont élevées respectivement de 26,0 % à 27,9 % et de 6,0 % à 7,4 %. Le revenu total a affiché une croissance annuelle moyenne de 11,7 % sur la période de 2011-2015.

Canaux de distribution
En 2014, les apiculteurs ont écoulé leur volume de production sur le marché du détail dans une proportion de 19,2 %, contre 44,5 % pour le semi-détail (ventes à des détaillants, distributeurs ou autres vendeurs) et 36,3 % pour le marché de gros (ventes à des emballeurs, conditionneurs ou autres apiculteurs). Pour la même année, les ventes se répartissent respectivement à 26,8 % pour le détail, 47,7 % pour le semi-détail et la différence pour le marché du gros (pour des ventes d’une valeur de 13,3 M$).

Ainsi, il y a une légère hausse du volume de ventes de semi-détail et une baisse des ventes en gros par rapport à la situation qui prévalait il y a cinq ans. En effet, en 2010, 19,1 % du volume de production a été vendu au détail, 41,5 % a suivi le canal du semi-détail et 39,3 % les ventes en gros.

Par contre, à cette même année, la valeur des ventes se répartissait respectivement à 28,3 %, 45,8 % et 25,9 $. Les revenus des apiculteurs sont donc proportionnellement plus importants au niveau des ventes de détail en 2014.

Prix
Les prix au détail n’ont cessé d’augmenter de 2010 à 2013 pour atteindre 10,09 $ / Kg en 2013 (une hausse de 7 % par rapport à 2012). Par contre, 2014 semble marquer une pause, alors que le prix au détail au Québec présente une moyenne de 9,84 $ / kg.

Quant au semi-détail, les prix, qui s’étaient stabilisés en 2011 et 2012, ont repris de la vigueur pour atteindre 7,71 $ / kg en 2013 (en augmentation de 11,6 % par rapport à 2012), mais ont connu un léger repli en 2014 avec une moyenne de 7,54 $ / Kg.

Enfin, les prix pour les ventes à des emballeurs, conditionneurs, ou autres apiculteurs ont connu une progression continue alors qu’ils sont passés de 3,86 $ / Kg en 2010 pour atteindre 4,92 $ en 2014.

Exportations et importations
Bien que les apiculteurs produisent une portion modeste de la consommation québécoise, on observe que ceux-ci tirent tout de même un revenu important des exportations. Ainsi, 8 M$ ont été enregistrés sur le marché des exportations en 2010 pour atteindre 11,7 M$ en 2013. L’année 2012 a été marquée par un sommet de 19,3 M$ alors que cette même année, la production avait également atteint un volume important.

Pour ce qui est de la destination des produits exportés, les données disponibles pour le Canada indiquent que les États-Unis s’accaparent la plus importante proportion des ventes (70 % en 2015), suivi par le Japon (23,7 %) et la Chine (3,3 %).

Quant aux importations, celles-ci s’accaparent une part importante de la consommation québécoise avec des ventes de 38,5 M$ en 2015 (32,2 M$ en 2014). En plus de la Nouvelle-Zélande, du Brésil, des États-Unis et de l’Australie, le marché canadien voit quelques joueurs étrangers accroître leurs parts. On note entre autres l’Espagne, la Thaïlande et la Chine.

Produits substituts
Le miel connaît la concurrence d’autres denrées, dont celle de l’ensemble des sucres qui comprend le sirop de maïs, le glucose, le sucre blanc, le sucre roux et le sirop d’érable.  Ainsi, le premier aspect important à souligner concerne la tendance de cette catégorie d’aliments qui connaît une baisse générale. De plus, le miel occupe une part d’environ 4 % des dépenses des consommateurs québécois pour les produits à base de sucre en 2015.

Tendances
La demande pour les services de pollinisation a pris une ampleur considérable, alors que de 2003 à 2013, le nombre total de colonies en location est passé de 13 633 à 35 588. Les productions de bleuets et de canneberges sont principalement responsables de ce phénomène. En 2013, ces deux productions accaparaient 89 % des colonies en location, soit 31 800 sur 35 588.

Les prix ont stimulé considérablement l’intérêt par la production apicole alors que la montée des prix et la valeur de la production en quinze ans est considérable. Pendant cette période, soit de 1998 à 2013, le prix du miel est passé de 2,97 à 7,11 $ / kg (+ 240 %) et la valeur de la production a quant à elle augmentée de 182 %, en passant de 6,7 à 12,3 M$.

Par contre, certains facteurs portent ombrage aux données favorables précédentes. Parmi ceux-ci, on note la baisse de productivité alors que de 1999 à 2013, la production a diminué de 0,5 kg par colonie annuellement (la baisse annuelle est de 1 kg par colonie si on considère le niveau de production observé en 1998)

De même, l’augmentation du taux de mortalité est sans aucun doute l’un des plus importants facteurs d’inquiétude des apiculteurs. Ainsi, selon un reportage de Radio-Canada, environ 19 % des abeilles sont mortes au Québec et ce pourcentage atteint 38 % en Ontario, en 2015

En plus des maladies et des pesticides, le climat devient un frein majeur. En fait, lorsque le temps est pluvieux ou trop frais, les abeilles ne peuvent réaliser la cueillette du pollen et doivent consommer le miel disponible dans la ruche pour s’alimenter. De plus, lorsqu’il fait trop chaud, les butineuses doivent d’abord assurer un apport en eau pour la ruche, ce qui réduit d’autant plus la production de miel. On constate que les fenêtres de production sont réduites avec les printemps tardifs et les alternances de canicule et de temps frais. Les variations de températures importantes en hiver ont également des impacts sur la santé des abeilles.

Le miel québécois dispose d’une bonne réputation : les consommateurs jugent celui-ci favorablement à bien des points de vue. Cependant, la compétition du miel chinois inquiète la Fédération des apiculteurs du Québec, qui voit arriver au Canada le liquide doré à faible prix (soit environ 1 $ la livre contre 2,35 $ la livre pour le miel québécois) et qui émet des craintes que certains producteurs ou distributeurs soient tentés de mélanger le produit chinois au miel d’origine québécoise. Or, la traçabilité et la sécurité alimentaire du miel chinois soulèvent des doutes.

Enfin, il faut noter l’intérêt grandissant pour l’apiculture en milieu urbain, de même que la croissance du miel de spécialité qui connaît un attrait important.

Descriptif rédigé dans une première version par Monsieur F. Belzile de CAP PME
Révision par Madame Marlène Plasseraud,Représentante, services à la PME, CAP PME Inc.
Mise à jour : 2016 11 14

 
Sources

Fédération des apiculteurs du Québec

www.apiculteursduquebec.com

 

http://www.apiculteursduquebec.com /statistiques.asp

 

Plan stratégique 2010-2015 par Zin, Beauchesne et associés, 2010-2015

 

 

Industrie Canada

http://www.ic.gc.ca/eic/site/pp-pp.nsf/fra/h_pm00000.html

Données sur la performance financière, 2014

 

Institut de la statistique du Québec (ISQ)

http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/agriculture/apiculture-miel/index.html

Faits saillants de l'enquête sur l'apiculture au Québec

Statistiques principales relatives au miel, par regroupement de régions administratives, Québec

Répartition de la production totale de miel selon la classe, par regroupement de régions administratives, Québec

Répartition des ventes de miel selon le marché, par regroupement de régions administratives, Québec

Prix de vente moyen du miel selon le marché, par regroupement de régions administratives, Québec

Répartition de la valeur des ventes de miel selon le marché, par regroupement de régions administratives, Québec

Statistiques principales relatives à quelques produits apicoles, Québec

Statistiques relatives à la location de colonies à des fins de pollinisation selon le type de culture, Québec
 

L'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement

http://www.irda.qc.ca/assets/documents/Publications/documents/belzile-li-2014_fiche_croissance_apicole_qc.pdf

La croissance de l'industrie apicole québécoise : une fausse joie ?

 

Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec

Bottin Statistique2015.pdf
Profil sectoriel de l’industrie bioalimentaire au Québec Édition 2014
 
PCensus
2015 FoodEx - Expenditures Other products
 
Statistique Canada
Nombre d'apiculteurs par région, 2014
Base de données sur le commerce international canadien de marchandises
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



     

Francis Belzile, M.Sc. - CAP PME Inc. - Tous droits réservés - Mentions légales